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      POEMES D’AMOUR

 

           Le temps arrêté

 

 

 

           

L'éternité dans un souffle partagé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                 peinture Zao Wou Ki

 

Sous les trois étoiles d’Orion
Nous sommes nés à minuit
D’un baiser entre deux colonnes
Les yeux dans les rêves d’un temps infini.

 

Jamais lunes ni soleils ne roulèrent si loin de la terre,
Jamais l’air de la nuit ne fut plus opaque ni si lourd,
Jamais les bruits du monde ne s’étaient assourdis d’autant de vide
Jamais les nuits n’avaient perdues autant de matins.

 

Mais l’amour a traversé le fond de l’abîme
De l’ombre des murailles d’insomnie
Sont sortis des mots d’espoir,
Des mots d’amour, des mots de lendemain
Des mots de silence et d’espace
Des chants d’avenir.

 

Et cet homme et cette femme,
Après avoir goûté le plus beau fruit de la terre,
Etonnés de se sentir si vivants,
Dans la clarté d‘une nuit éclaboussée d’étoiles filantes,
Le ciel posé sur leurs lèvres
Main dans la main se sont étendus doucement
Dans la nuit qui commence …
Pour s’endormir dans un parfum d’éternité

  

Mais le chemin fut long et difficile.
Les ténèbres n’auguraient pas de cette nuit lumineuse

 


 

***

  

 

Il est minuit …
La nuit commence …
Sous cet épais drap de velours noir
Besoin d’une main
Pour se glisser au fond du puits,
Dans l’émotion vertigineuse d’une obscurité charnelle
Et se rapprocher des racines de la conscience.

 

Tu es là, je suis là, nous avons faim et soif,
Sur le bijou d’or suspendu à mon cou
Il ne reste que le soleil nu de ton visage
Pour entreprendre ce voyage
Dans l’hypogée du cœur et de la raison,
A la recherche du rayonnement fossile
Des régions denses et torrides autant que glacées.
Univers primordial de l’être
Parfum de nos métamorphoses.

 

 

 

Ce besoin de toi mon double féminin
Ce besoin de moi ton double masculin
Etre ainsi moi tout entier pour appréhender l’épreuve
Charpente du cœur et de la raison,
Etre absolu et créateur de vie.
Ce toi et moi main dans la main
Les étoiles dans les yeux
Pour aller respirer le parfum
Du souffle premier.

 

 

 

La course lente commence
Le poème de la nuit s’écrit lentement
Sur des marches qui s’enfoncent
Dans le cœur du silence,
Dans un temps arrêté.

 

Marches hautes, marches froides
Combien de marches encore
Parle moi, mes lèvres s’engourdissent
La nuit creuse la solitude
L’insouciance de ce froid embrasse mes angoisses
Tiens plus haut ton faible flambeau,
Eclaire ces murs chargés d’espace
Où le temps n’est plus le maître.

 

Et là …
Cette porte de bronze voilée de vermine
Qui s’ouvre sur un rêve qui veille,
Une crypte vide sur nos cœurs gelés,
Fondement d’une vie à se partager,
Sur nos doutes et nos sentiments à la dérive.

 

Reste-t-il un avenir dans cette voûte froide ?
Sommes-nous toujours aujourd’hui 
Dans ce temps sans horloge ?
Dans cette marche balbutiante vers l’inconnu,
Corridor de l’incertitude
De nos songes et nos douleurs.

 

Une autre porte, une autre crypte,
Une porte encore et toujours ces voûtes vides
Qui se succèdent et que rythment
Nos seuls cœurs qui battent.

 

 

 

 

 

Que de vide et d’ignorance en nous
Dans ces lieux déserts et silencieux
Qui s’ouvrent sur une nouvelle absence
Nous envahissons ces galeries comme autant de tombeaux
Nos mots plongent leur désordre
Dans l’ombre des sommeils de pierre

 

Embrasse moi, mon courage s’évanouit
Serre toi contre moi, le froid m’envahit
Le soleil a quitté la terre
Le ciel s’est épuisé
Je veux sentir tes seins et respirer encore
Arrondis  toi dans mon cou et réchauffe moi
Sentir ta chair tiède au fond de notre chaos
Ce soleil que nous embrassions ensemble
Cette vie si visible devenue invisible
Dans ce couloir sans réveil où gouttent des larmes de plomb
Cette prison et ses images obscures
Reflet d’une vie arrêtée à l’insomnie
D’un regard indifférent, d’un visage oublié,
D’un mot d’amour perdu dans des feuilles d’automne.

 

S’arrêter, continuer, que savons-nous de nous ?
Sommes-nous quelque part qu’allons-nous trouver ?
Pourquoi ce rien sous ces voûtes de pierre,
Escurial vidé de ses bruits,
Cœur brûlé d’une musique douloureuse.

 

Nous cherchions la beauté et la sagesse
Nous cherchions l’harmonie et un peu de force
La splendeur d’un amour infini
Au-delà des doutes et des brûlures,
Au-delà des limites que nous voulions franchir …

 


Mais nous avançons si lentement
Dans les ombres des flammes qui dansent
Qui débordent de notre maigre flambeau
Halo d’une nuit blanche …

 


Le feu va s’éteindre
Encore combien de galeries sans un signe
Tu en as compté huit, toujours aussi abandonnées
Vides de sens ou sens caché
Qu’avons-nous compris de nous ?

 

Encore une porte ?

 

Griffés par les épines des doutes,
Les yeux mouillés je ne vois rien
Je vais renoncer à cette absence !

 

Toi que dis-tu ?

 

Un rai de lumière au sol
Un vieil homme assis là
Comme sorti d’une pierre d’angle
Enfin quelqu’un,
Enfin du réconfort …

 

 

***

 

Je m’appelle Kether.

 

Cette porte s’ouvre à vous
Voici la neuvième voûte,
Sa lumière et sa chaleur,
La couleur d’un accomplissement partagé.

 

Sur cette table de marbre blanc
Une corbeille de fruits d’émeraude et d’agate au jus souverain
Ainsi que d’autres fruits inconnus au nom imprononçable
Nourritures sublimes de l’homme et de la femme
Créateurs de mots, créateurs de vie.

 

Nous nous regardons et buvons nos sourires
Je caresse la rose de tes lèvres avec des doigts d’aurore
Je vois dans tes yeux une pluie d’étoiles …

 

Mais rejoindre ces étoiles,
Ce cœur de la galaxie,
Où ton cœur bat de lumière
Où la courbe de tes seins
Dessine les matins tièdes en déshabillant la nuit
Où les désirs enlacés nous dénudent
Dans des musiques insensées et infinies
Chant monumental des sens,
Hymne de nos êtres,
Un rêve fabuleux et mystérieux qui nous vient de loin
Du fond de la vérité même.

 

Dans cette crypte ensoleillée
Où l’émerveillement se répand en écho
Ce rêve peut-il nous conduire
Au mystère de toi,
Au mystère de moi
A celui de nous
Dont l’incommensurable se lit dans des lettres ineffables.

 

Je veux savoir d’où vient ce feu qui nous brûle
Cette vérité de nos cœurs, ce mystère de la vie
Ces émotions qui nous consument.

 

Je veux partager ton souffle merveilleux,
Tu veux respirer mes intensités,
Et déambuler dans cette voie lactée,
Dans cette nuit semée d’étoiles
Laisser le cœur éclater en silence
Redonner vie à une source tarie
Se réchauffer dans la lumière de l’autre.

 

Le parfum de ces fruits d’agate et d’émeraude
Comme la transcendance d’un accomplissement
A inondé nos rêves des semences du vent
Et consolidé nos rêves en une force immense.
Les limites de nos larmes se sont évaporées
Et ont couvert de rosée le jardin majestueux
De nos cœurs unis et recomposés.

 

Il a plu sur les acacias, leurs fleurs se sont ouvertes,
Arôme sublimes de mimosas élégants et délicats.

 

Je t’aime femme exquise et souveraine
Tu souris à mon visage transformé.

 

Mais atteindre la lumière première …
La lumière ultime …
Le passage de la connaissance
De la source créatrice et du devenir,
Sortir de soi, transgresser la finitude
Les doigts à jamais enlacés
Briser la limite des rêves
Ouvrir les réservoirs de la nuit …

 

Kether donne nous la clé de l’infini.

 

 

***

 

 

La nuit s’exagère
Une infinie poussière
Nous absorbe
Débris de nacre
Diamants carbonisés
Le temps s’abolit
Je suis très loin de moi
Si près de toi
Long chant d’ivresse
Baisers enivrants de vieilles nébuleuses,
Grandes bouffées de vide
Vent galactique sonore
Sons aigus
La tourmente monte en moi
Nos têtes explosent
les tympans s’arrachent
Tenir ta main
S’accrocher à toi,
Les doigts bleuissent
Ne pas mourir encore et voir durer l’ombre
Naître avec le feu mais ne pas mourir
Les espaces sont peuplés des miroirs de nos images
Minuit sonne dans des champs de chaos

 

Les tornades se lèvent
Des arbres d’acier perdent leur racines
Dans la cataracte des vents célestes
Les sons s’étendent et s’étirent
Les rayons d’étoiles s’allongent et s’entremêlent
Des jaunes, des bleus puissants
Des naines rouges qui luisent et résonnent
Au fond de la poitrine

 

Nos yeux aveuglés brûlent
Il fait de plus en plus froid
Nous chutons dans un invraisemblable amas d’astres en feu
Les éléments se dissocient et s’éloignent
Mon compas trace des carrés

 

Tu flottes dans le rêve de mon cœur confus
Tu es en moi et je te vois au loin
La course est vertigineuse
Les éléments, les planètes les soleils filent a une vitesse vertigineuse
Le souffle de leur passage nous retourne,
Nous soulève, nous projette dans le vide glacial
Les cheveux s’éparpillent et se mélangent
Les soleils sifflent à leur passage
Les galaxies cramoisies nous absorbent
Je suis traversé, déchiqueté par des millions d’étoiles
La chair quitte les os
Tu es presque transparente mais je te vois toujours
Nos corps se dissolvent dans cette bourrasque d’astres célestes
Mais nos cœurs ne font plus qu’un
Les sons se multiplient
Dissonances, quintes majeures
S’entrecroisent, s’emmêlent, se superposent
Se succèdent encore et encore
Les tympans explosent
Dans le vacarme de nos cœurs ruisselants

 

Nos mains enlacées, fusionnées,
Dans une crispation extrême
Ne pas se lâcher, ne pas se quitter,
Franchir cette porte…
Se serrer encore ……

 

Enfin la passer …

 

 

 

Et le temps s’arrête …

 

***

 

 

Un son lointain et primordial résonne doucement
Son assourdi, son délicat montant d’un abîme
Harmonies distantes et raffinées
Orgues du passé,
Chant d’amour,
Chants d’avenir
Transgression sublime.

 

Une lumière subtile s’éveille dans la pâleur des confins
Forme fragile d’un autre printemps
Comme une nouvelle brise dans tes cheveux fleuris.
Ta robe de cristal illumine mon visage
La clairière de tes yeux embaume mon cœur
D’un parfum d’éternité.

 

Et ces sons étranges qui naissent dans la poitrine,
Mots mélodieux mais mots inconnus,
Langue délicieuse au goût de miel,
Qui charme nos sens
Parcourt le dos, remonte le long des bras
Caresse les épaules et nos cous offerts,
Liqueur divine inondant nos lèvres entrouvertes
De ces mots imprononçables,
Dans ce langage indéchiffrable
Qui résonnent dans cet espace infini
Comme un espoir,
Comme un lendemain,
Pour notre monde humain.

 

Un parfum de vérité a effleuré nos cœurs …
Comme au plus profond de nos rêves
Il avait un bouquet de lumière,
Un arôme d’éternité,
Un mot créateur,
Un verbe premier,
Le mot amour …

 

 

 ***

 

 

La voix douce et profonde de Kether
Nous parlait avec tendresse …

 

Revenez vers moi,
Vous, création de lumière,
Frisson d’un nouveau matin,
Souffle partagé,
Couple perdu
Dans cet azur sans horizon,
Dans ce chant infini et incompréhensible,
Vous, sortis des limites de vos rêves
Pour partager une parcelle d’éternité.

 

La main affectueuse de Kether
Et son bras puissant
Nous ramena doucement
Dans la crypte d’agate et d’émeraude
Où la nuit s’était installée.

 

Nuit bercée de nos rêves fous,
Nuit chargée de notre démesure,
Nuit mûrie par le regard et la parole,
Nuit de l’humilité,
Nuit lumineuse,
Nuit d’un amour infini
Et du pouvoir créateur de mots et de vie,
D’un homme et d’une femme,
Dans un monde fini.

 

***

 

 

 

Les yeux éblouis par les oiseaux de diamants
Qui nourrissent le noir du ciel profond,
Les visages trempés par l’immensité,
Les joues dans la caresse du vent de la nuit,
Les corps frissonnants dans les vagues du cœur,
Le feu rebelle de nos lèvres ardentes,
Les yeux apaisés par le baiser du ciel
Sur nos tempes amoureuses,
Sous les trois étoiles d’Orion,
S’élève un chant d’avenir.

Nos mains étreintes échappées des frontières d’insomnie
Caressent avec une infinie tendresse
L’horizon ressuscité.
Mon baiser sur tes cheveux flamboyants
S’envole avec nos souvenirs vers l’avenir
Du prochain matin.

 

Et cet homme et cette femme,
Après avoir goûté le plus beau fruit de la terre,
Etonnés de se sentir si vivants,
Dans la clarté d‘une nuit éclaboussée d’étoiles filantes,
Le ciel posé sur leurs lèvres
Main dans la main se sont étendus doucement
Dans la nuit qui commence …


Pour s’endormir dans une herbe tendre
Où l’amour germera
Dans un parfum d’éternité ...

 

 

 

 

 

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